accueil Protéger la biodiversité en Afrique


La notion de biodiversité est encore plus complexe à saisir et à mesurer que le changement climatique. Certains regrettent le langage plus accessible mais réducteur sur la «nature», la «protection» des espèces emblématiques et la «beauté» des espaces naturels. Il est en outre difficile d’apprécier l’impact économique de la réduction de la biodiversité ; il n’y a pas l’équivalent pour la biodiversité d’un indicateur unique aussi simple que la température pour le climat.


Il est pourtant urgent d’agir, au niveau mondial bien sûr et sans doute plus particulièrement en Afrique, en raison de la richesse et de la fragilité de sa biodiversité.

LA CRISE SILENCIEUSE  DE LA BIODIVERSITÉ Douze réserves africaines en péril L’Unesco recense  douze sites naturels en péril en Afrique. Conflits armés et braconnage menacent ces écosystèmes uniques.

Parc national du Simien (Ethiopie)

400 km2. La géologie unique au monde du parc du Simien résulte de millions d’années d’érosion massive. Ses paysages dignes du Grand Canyon abritent nombre d’espèces rares, comme le bouquetin d’Abyssinie, le loup d’Éthiopie ou le gélada, un singe proche du babouin aux mâchoires puissantes et à la fourrure brune. La pression démographique et le développement de l’agriculture menacent le fragile équilibre du site.


Parc national du Niokolo-Koba (Sénégal)

9130 km2. Les visiteurs ressortent souvent déçus du parc. C’était l’une des plus importantes réserves d’Afrique de l’Ouest. Le braconnage a décimé sa faune. Elle ne compterait plus qu’une dizaine d’éléphants. Seuls les phacochères, cousins du porc et donc évités par les chasseurs de confession musulmane, y subsistent en abondance.


Réserve naturelle de l'Aïr et du Ténéré (Niger)

77000 km2. Des narcotrafiquants et des groupes islamistes traversent la région du Ténéré, dans la bande du Sahel, depuis la crise libyenne de 2011. Les accrochages réguliers avec l’armée nigérienne font craindre une rapide dégradation de la réserve. Dommage, car elle commençait à se remettre des affrontements armés des années 1990 entre l'armée nigérienne et des rebelles touaregs.


Parc national de Manovo-Gounda St Floris (Centrafrique)

17400 km2. Ce parc offre l’une des plus fortes concentrations d’hippopotames du monde. Mais il a beaucoup souffert de l’instabilité provoquée par la guerre civile des années 2010. Inertie et manque de moyens des autorités aidant, les braconniers ont tout loisir de tuer.


Parc national de la Salonga (République démocratique du Congo)

36000km2. Difficile d’accès, le parc de la Salonga a été relativement épargné par la deuxième guerre du Congo (un conflit particulièrement meurtrier qui impliqua neuf pays de 1998 à 2002). Mais le site, d’une superficie supérieure à celle de la Belgique, est impossible à contrôler entièrement. De nombreux braconniers en ont fait leur terrain de jeu, abattant singes et éléphants.


Parc national de la Garamba (République démocratique du Congo)

4900 km2.Au début 2014, soixante-huit éléphants ont été tués en à peine deux mois dans ce parc. Une multitude de groupes rebelles, dont l’Armée de résistance du Seigneur de Joseph Kony, y auraient trouvé refuge et se livreraient au braconnage.


Parc national de la Comoé (Côte d'Ivoire)

11500 km2. La chasse pour le commerce de la viande de brousse et l’orpaillage clandestin sont de véritables fléaux pour la biodiversité du parc ivoirien. Les produits chimiques utilisés par les chercheurs d’or dégraderaient rapidement les sols, mettant en danger la faune (buffles, antilopes, éléphants...) et la flore.


Réserve naturelle du mont Nimba (Guinée)

180 km2. Au sud-est du mont Nimba, une gigantesque mine de fer empiète sur la zone protégée. Malgré les assurances du gouvernement guinéen, son exploitation inquiète les experts et les ONG, qui craignent une déforestation et une pollution massive du site. Autre raison du classement sur la liste du patrimoine mondial en péril : l’afflux massif de réfugiés libériens et ivoiriens a accru la pression humaine sur cet écosystème.


Forêts humides de l'Atsinanana (Madagascar)

4800 km2. Les forêts humides de l’Atsinanana regorgent de bois précieux (bois de rose et ébène notamment). Les coupes illégales sont fréquentes malgré l’interdiction de toute exploitation et commercialisation. Elles auraient même tendance à augmenter à cause de la profonde crise économique que traverse le pays.


Réserve de faune à okapis (République démocratique du Congo)

13700 km2. En 2012, une escouade a ouvert le feu à la kalachnikov sur le siège de la réserve, tuant plusieurs gardes. Elle s’est ensuite attaquée à une quinzaine d’okapis, des mammifères appartenant à la même famille que les girafes qui sont souvent la proie des braconniers et des orpailleurs. Il n’en resterait plus que 30 000 dans toute la RDC.


Parc national des Virunga (République démocratique du Congo)

7800 km2. La plus ancienne réserve naturelle d’Afrique abrite de nombreuses espèces endémiques, tel le mythique gorille de montagne. Le parc souffre des conflits qui agitent la région des Grands Lacs depuis une vingtaine d’années. Menaces de mort et assassinats de gardes y sont courants.


Parc national de Kahuzi-Biega (République démocratique du Congo)

6000 km2. Le sous-sol très riche de la région des Grands Lacs excite les convoitises des pays voisins. L’Ouganda, le Rwanda et le Burundi soutiennent des rébellions et des milices qui sèment la terreur parmi les populations civiles.

Dès 1999, l’Unesco et des ONG internationales ont lancé une campagne de sauvegarde du parc. Des millions de dollars ont été investis pour préserver l’habitat du gorille de montagne, du rhinocéros blanc et de l’okapi. Mais la gravité de la situation et les détournements de fonds ont limité les résultats.


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